Eric Dizquierda

Notes d'un compagnon de route de la gauche

La tyrannie des marchés

Le Traité européen vient d’être adopté par l’Assemblée nationale. Le camp de l’austérité et de la tyrannie des marchés a gagné face au camp de la démocratie et du droit des peuples à l’autodétermination, y compris en matière budgétaire.

Nos dirigeants politiques ne sont pas responsables de cette situation. Ils sont les victimes consentantes de la tyrannie des marchés et du discours de ces marchés qu’ils ont adopté.

Adopter ce discours, c’est trouver normal que les marchés échappent à tout contrôle public, à toute taxation malgré les risques démesurés qu’ils prennent et les catastrophes qu’ils produisent pour notre société.

A poursuivre un objectif qui n’est plus celui de produire des richesses mais d’en accumuler le plus possible, les marchés ont sacrifié l’emploi, la recherche, l’innovation… sur l’autel du profit illimité.

Comment cela est-il arrivé ?

Après avoir remplacé l’économie par la chrématistique, les marchés ont trouvé des dirigeants politiques assez corrompus idéologiquement pour qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis : l’État se retrouve alors amputé de son pouvoir et le peu d’autorité qu’il lui reste doit être employée pour mettre en œuvre les directives d’organisations non élues. Il lui devient normal d’être noté par des puissances financières et de devoir travailler à leur convenance. On se moque de la popularité du gouvernement, il faut « rassurer les marchés » plutôt que les peuples.

Nous ne sommes plus en démocratie. Le gouvernement est toujours celui du peuple, par le peuple, mais il n’agit plus dans les intérêts du peuple ! Le pouvoir agit pour les marchés ; il fait voter des traités qui ne portent qu’une promesse : celle de toujours plus d’austérité pour satisfaire la cupidité de quelques investisseurs. Pourtant, il suffit de regarder les pays dans lesquels ces recettes ont été mises en œuvre pour se rendre compte que cela va aggraver la situation. La droite l’avait dit pendant la dernière campagne présidentielle : à voter à gauche, nous aurions l’Espagne ou la Grèce. Elle veut avoir raison et va voter pour avoir raison : nous nous dirigeons à grande vitesse vers une austérité toujours plus importante. Les services publics seront sacrifiés, ils ne restera rien de la protection sociale, il y aura toujours plus de travailleurs sans travail et l’État aura toujours moins de moyens d’action pour remédier à la crise.

La meilleure forteresse des tyrans, c’est l’inertie des peuples

 Même si les tyrans ont changé, Machiavel n’a rien perdu de son actualité. La question demeure : resterons-nous sans rien faire ? Accepterons-nous le monde tel qu’il est ou défendrons-nous une autre conception de la société dans laquelle le pouvoir serait exercé dans l’intérêt du peuple ?

En juin 1940, alors que tout semblait perdu, des hommes et des femmes libres se sont élevés contre un ordre du monde qu’ils jugeaient illégitime et néfaste. Ils n’étaient pas nombreux mais ils ont réussi à faire triompher leurs idéaux. Aujourd’hui, il faut reprendre leur combat, affirmer l’illégitimité du pouvoir des marchés, effacer les dettes qui pèsent sur nous comme l’ont fait certains et ainsi retrouver le pouvoir.

Ensuite, il faudra reprendre le contrôle sur les marchés et reconstruire ce que les marchés nous avaient obligé à déconstruire. C’est seulement à ce moment-là que nous vivrons en démocratie en étant libres et indépendants.

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