Eric Dizquierda

Notes d'un compagnon de route de la gauche

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Après la manifestation !

Meeting du Front de Gauche au Prado, par Grégoire Lannoy (CC BY-NC)Un long cortège défile dans les rues de Paris. Des gens de toute la France sont venus s’opposer à la ratification du Pacte budgétaire européen instaurant l’austérité à vie. Pour une fois, les partis de la « gauche de la gauche » sont unis. On manifeste aussi bien sous les drapeaux du NPA que sous ceux du Front de Gauche, de la CGT ou de Sud. Ailleurs en Europe, il en est de même.

Les Français qui s’étaient opposé à la ratification du Traité constitutionnel européen en 2005 sont toujours contre cette vision de l’Europe qui nous plonge chaque jour un peu plus dans l’acide du libéralisme. Peu à peu, cet acide vient ronger l’Etat. Les services publics sont remis en cause. On réforme, on restructure : peu importe le terme, à chaque fois, on coupe, on taille dans le bien public, on le livre aux marchés : le mot « République » vient du latin Res publica ce qui signifie la chose publique. Quand on privative, quand l’on vend un service public, c’est la République que l’on vend. Progressivement, on place ce qui relevait jusqu’alors des pouvoirs démocratiques de l’État entre les mains de sociétés privées. A chaque fois qu’un service public est vendu aux marchés, c’est une petite partie du pouvoir du peuple qui disparait.

Le tout au nom de l’Europe. Une Europe vendue aux marchés et aux lobbies financiers. Une Europe dont on nous promet toujours qu’elle deviendra « sociale » ; une promesse arlésienne : on l’entend souvent, on ne la voit jamais. La triste réalité, c’est que l’Europe nous dépossède de notre pouvoir. Quant au peu de pouvoir qu’elle nous laisse, les peuples ne l’utilisent pas. Les taux de participations aux élections européennes sont effroyablement bas ! A vrai dire, le Parti Socialiste Européen et le Parti Populaire Européen votent main dans la main la plupart des textes soumis au Parlement. Reste les nationalistes, qui rêvent de mettre fin à la construction européenne, et la gauche anti-libérale, celle qui, tout en votant contre l’Europe libérale de l’austérité, vote pour l’Europe ! L’Europe fait peut-être fausse route mais la gauche anti-libérale ne l’abandonne pas ; elle plaide pour sa réorientation ! Elle croit en l’Europe démocratique, sociale et écologique.

La lutte entre l’Europe libérale et l’Europe sociale n’est pas terminée. Elle commence à peine. Il est souhaitable qu’à la suite des manifestations d’aujourd’hui cette gauche unie contre l’orientation libérale de l’Europe ne se désunisse pas. Il est souhaitable qu’en 2014, cette gauche unie ne présente qu’une liste aux europénnes. Cela ne ferait que décupler la force d’opposition à l’Europe libérale et la force de proposition d’une Europe sociale. D’ici là, il ne faut rien lâcher, il faut poursuivre la mobilisation ! Les partis de gauche opposés au libéralisme sont soutenus par le peuple et peuvent obtenir la non-ratification du Pacte budgétaire !

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